Abeilles sentinelles de la pollution : que peuvent-elles révéler sur votre environnement ?
En butinant, les abeilles parcourent leur environnement, se posent sur les végétaux et collectent pollen, nectar, eau et résines. Au cours de ces déplacements, elles peuvent également entrer en contact avec certaines substances présentes dans leur environnement.
C’est ce qui explique leur utilisation comme bioindicateurs dans des programmes de biosurveillance environnementale : en analysant les abeilles ou certaines matrices de la ruche, il est possible de rechercher la présence de contaminants et d’obtenir une information complémentaire sur l’environnement autour du rucher. Des travaux scientifiques utilisent notamment les abeilles pour surveiller certains pesticides, métaux et particules atmosphériques.

Pourquoi les abeilles sont-elles de bonnes sentinelles de l’environnement ?
Chaque jour, les butineuses explorent les alentours de leur ruche pour trouver les ressources nécessaires à la colonie. Pendant ces déplacements, leur corps couvert de poils peut retenir différentes particules. Les ressources rapportées à la ruche peuvent également contenir des substances avec lesquelles les abeilles ont été en contact. La colonie devient ainsi une sorte de point d’observation biologique de son environnement.
Attention cependant : cela ne signifie pas qu’une abeille permet de mesurer directement la pollution de l’air, de l’eau ou du sol. La biosurveillance apporte une information intégrée sur l’exposition des abeilles et de leurs ressources à leur environnement.
Quels polluants peut-on rechercher grâce aux abeilles ?
Selon le protocole retenu, les analyses peuvent rechercher différentes familles de substances.
Les pesticides
En France, les travaux de l’Anses sur les résidus de pesticides dans les matrices apicoles montrent que le pollen, la cire, le miel ou encore les abeilles peuvent être analysés pour documenter l’exposition des colonies à certains produits phytopharmaceutiques.
Ces analyses peuvent être particulièrement intéressantes sur des sites situés à proximité de zones agricoles ou dans des territoires où l’entreprise souhaite mieux documenter certaines pressions environnementales.
Les métaux et éléments traces
Les abeilles ont également été étudiées pour la surveillance de différents métaux présents dans l’environnement. Des recherches ont notamment utilisé les abeilles comme bioindicateurs pour étudier la présence de plomb, cadmium, chrome ou nickel dans des territoires soumis à différentes activités humaines.
Les particules atmosphériques
Lorsqu’elles volent, les abeilles peuvent également intercepter certaines particules en suspension dans l’air. Des travaux récents ont montré que l’analyse des particules présentes sur le corps des abeilles pouvait apporter des informations sur la pollution particulaire autour d’un site. Cela ouvre des perspectives intéressantes notamment dans les environnements urbains ou industriels.
Que peut-on analyser dans une ruche ?
Il n’existe pas une seule méthode de biosurveillance par les abeilles. Selon les substances recherchées, le laboratoire peut s’intéresser aux abeilles, au pollen, à la cire ou au miel. Chaque matrice possède ses propres caractéristiques et n’est pas adaptée aux mêmes analyses. Le choix dépend donc de la question posée et du contaminant recherché. C’est une distinction importante : une analyse de miel ne permet pas à elle seule de dresser un bilan exhaustif de toutes les pollutions présentes autour d’une entreprise.

Que signifient réellement les résultats ?
La prudence est essentielle lorsqu’on interprète une analyse environnementale.
Détecter une substance signifie qu’elle a été retrouvée dans l’échantillon analysé. Cela ne signifie pas automatiquement que l’on connaît précisément sa source, qu’elle représente un risque pour la population ou qu’elle provient directement de l’activité de l’entreprise. Les abeilles peuvent parcourir un territoire bien plus large que l’emprise du site sur lequel la ruche est installée.
Les résultats doivent donc être interprétés en tenant compte de l’environnement du rucher, des activités voisines, des pratiques agricoles, de la météo et des autres sources potentielles de contamination. L’Anses souligne d’ailleurs qu’une substance détectée dans le miel ou le pain d’abeille n’implique pas nécessairement à elle seule l’existence d’un risque.
La biosurveillance est donc avant tout un outil complémentaire d’observation et d’aide à la décision.
Quel intérêt pour une entreprise ou une collectivité ?
Pour une entreprise, disposer de données environnementales peut permettre de mieux connaître le contexte dans lequel se situe son activité.
La biosurveillance peut notamment contribuer à :
- suivre certaines substances dans l’environnement du site ;
- comparer des résultats dans le temps ;
- identifier des sujets nécessitant des investigations complémentaires ;
- enrichir une démarche environnementale ou RSE avec des données concrètes ;
- sensibiliser les collaborateurs aux interactions entre activités humaines, environnement et biodiversité.
Pour une collectivité, cette approche peut également constituer un support intéressant pour observer un territoire et communiquer de manière pédagogique sur ses enjeux environnementaux.
Chez Be Keeper, les bilans de biosurveillance environnementale intégrés à nos solutions RSE peuvent notamment inclure des informations liées à la détection de polluants et de traces de pesticides.

Les résultats peuvent ainsi aider l’entreprise à mieux connaître son environnement, à suivre certaines évolutions et, lorsque cela est nécessaire, à approfondir les investigations ou adapter son plan d’action.
Ils peuvent également venir enrichir une démarche plus globale de suivi et de reporting. Retrouvez à ce sujet notre article consacré à l’intégration de la biodiversité dans la stratégie RSE et la CSRD.
Chez Be Keeper, cette utilisation de la donnée s’inscrit dans notre engagement en faveur d’une approche mesurable et concrète de la biodiversité.
Les abeilles comme outil complémentaire de connaissance
Les abeilles ne remplacent ni les appareils réglementaires de mesure de la pollution ni les études environnementales spécialisées.
Elles offrent en revanche une manière différente d’observer certaines substances présentes dans leur environnement et de suivre leur évolution à travers des analyses adaptées.
Pour les entreprises et collectivités, la biosurveillance par les abeilles peut ainsi devenir un outil complémentaire pour mieux connaître leur environnement et donner davantage de substance à leurs engagements RSE.
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